• La période archaïque


    Après la disparition des somptueuses cités mycéniennes, Lors des deux siècles qui suivent l’invasion dorienne (-XIIe et -XIe), la Grèce entra dans une période obscure et peu connue parfois baptisé le « Moyen-âge grec ». Elle est peu connue car les seules sources des historiens sont les poèmes homériques et l’archéologie.

    Fermiers, pêcheurs et artisans devaient lutter pour vivre : on manquait de nourriture et de terre. Nombre de Grecs émigrèrent alors, par choix ou par nécessité. Ils fondèrent des colonies sur la côte occidentale de l’Asie mineure, puis le long de la mer Noire, et en Méditerranée occidentale.

     Au IXe siècle, le siècle d’Homère, la Grèce apparaît découpée en un nombre important de polis, cités qui prirent naissance au terme d’un long processus de regroupement, puis de neutralisation des structures de clans (génè).

    Ces établissements furent, au départ, des communautés agricoles. Mais après une période d’organisation, elles se mirent à vendre des surplus de céréales à d’autres cités. Ce commerce fut source de grandes richesses. Dès leur naissance, les cités entamèrent des relations conflictuelles qui dureront aussi longtemps que la civilisation antique.

    Pendant ce temps l’écriture mycénienne s’était perdu. Après des siècles d’analphabétisme, les Grecs adoptèrent l’écriture phénicienne qui est à l’origine de notre alphabet ; ce mot vient des deux premières lettres de l’alphabet grec : alpha () et bêta ().

     

    A partir du –VIIIe, les cités d’Asie Mineure, développant une activité industrielle et commerciale, se lancent sur les mers, suivies par les cités de Grèce (Corinthe). Cette expansion maritime, qui refoule les Phéniciens, se traduit par la fondation de nombreuses cités de Sicile, Italie du Sud, mer Noire, etc. Corinthe, Chalcis et Egine sont peu à peu concurrencées et dépassées par Athènes à partir du Vie siècle. Cependant, dans le Péloponnèse, Sparte assure son hégémonie après les difficiles guerres de Messénie et sa victoire sur Argos. La révolte de l’Ionie contre Darius Ier est à l’origine des guerres médiques (Ve siècle). Après les défaites perses à Marathon (-490), Salamine (-480) et Platée (-479), Athènes, par les alliances solides qu’elle assure au sein de la ligue de Délos, devient la première puissance de la Méditerranée orientale et développe une politique impérialiste fondée sur une hégémonie maritime. C’est en -479 que débute le Siècle d’or.

    Arc 2 (NP)

    L’invasion dorienne et -XIIe - XIe

    Après la disparition des somptueuses cités mycéniennes, le dernier flot indo-européen survint. Les Doriens submergèrent le monde mycénien vers la fin du –XIIe siècle. Avec leur arrivée, la composition ethnique(donner def)et dialectale(donner def)  de l’hellénisme s’acheva, mais aussi de profonds bouleversements démographiques, politiques et culturels intervinrent.

     

    Lorsque les Doriens chassèrent les Ioniens, au -XIe siècle, d’Attique (principalement) ou du nord du Péloponnèse, les Ioniens fondèrent l’Ionie (Iônia, en grec) : la région de la partie centrale du littoral d’Asie Mineure, sur la mer Egée.

     

     

    Les des deux siècles qui suivirent l’invasion dorienne (-XIIe et -XIe) furent pour la Grèce une période obscure et peu connue parfois baptisé le « Moyen-âge grec ». Elle est peu connue car les seules sources des historiens sont les poèmes homériques et l’archéologie. Nous savons toutefois que la destruction de la civilisation palatiale (donner def) et maritime, l’abandon du commerce aux Phéniciens, l’instauration d’une aristocratie militaire dorienne aux mœurs et aux goûts rudimentaires correspondent à ce recul.

     

    Quant à l’apport dorien dans la vie grecque, mis à part le folklore et la hiérarchie strictement patriarcale qui se reflète même dans la religion (voir Olympe), il reste problématique. Certaines pratiques nouvelles, comme la crémation des morts, se répandirent avec l’afflux dorien. En revanche, deux nouveautés contemporaines, la métallurgie du fer et la céramique à la décoration géométrique, furent vraisemblablement étrangères à cet évènement.

    Renaissance et -IXe

    Mais le centre de gravité de l’hellénisme était déplacé pour quelques siècles sur les rivages orientaux de la mer Egée où le contact avec l’Orient fut une fois de plus profitable.

    Une renaissance s’amorça dès la fin du –IXe siècle.

     

    Au -IXe siècle, le siècle d’Homère, la Grèce apparaît découpée en un nombre important de polis (cités) qui prirent naissance au terme d’un long processus de regroupement, puis de neutralisation des structures de clans (genos).

    Ces établissements furent, au départ, des communautés agricoles. Mais après une période d’organisation, elles se mirent à vendre des surplus de céréales à d’autres cités. Ce commerce fut source de grandes richesses. Dès leur naissance, les cités entamèrent des relations conflictuelles qui dureront aussi longtemps que la civilisation antique.

     

    L’époque géométrique et le -VIIIe

    L’époque géométrique proprement dite (-900, -750) fut une période de transition et d’adaptation des nouveaux venus de la civilisation égéenne. Les populations non soumises, d’abord refoulées dans les régions préservées de l’invasion (Arcadie, Béotie, Eubée et Attique), s’acheminèrent vers les îles et le littoral égéen de l’Asie Mineure (Ionie et Eolide), suivies par une vague de migration dorienne (Crète, Rhodes, Carie). L’Attique, avec Athènes, resta une grande réserve ionienne, tandis que les Doriens dominaient le reste de la Grèce centrale et plus solidement le Péloponnèse, créant de nouveaux centres sur les ruines des cités mycéniennes (Argos, Corinthe, Sparte, Mégare).

     

    Mais l’évolution fut surtout économique et politique. La royauté sous forme de genos (clan) communautaire éclata en familles dont le plus puissantes s’approprièrent les terres les plus fertiles. Cet éclatement entraîna l’avènement d’une aristocratie (-VIIIe siècle) qui étouffa graduellement la fonction royale et accapara la magistrature. Athènes donna le modèle le plus célèbre du gouvernement aristocratique avec la famille des Eupatride (voir Aréopage, Athènes). Tandis que Sparte conserva la double royauté contrôlée par les éphores, sur la pyramide d’une société militaire et, en principe, égalitaire.

     

    Pendant ce temps l’écriture mycénienne s’était perdu. A partir du –VIIIe, les poèmes homériques atteignirent leur forme définitive. Après des siècles d’analphabétisme, leur diffusion entraîne la propagation d’une écriture alphabétique, imitée de l’écriture phénicienne, qui est à l’origine de notre alphabet. Les épopées homériques, quant à elles, forgèrent la conception d’un patrimoine grec et religieux, voire national.

     

    Les jeux Olympiques célébrés pour la première fois en -776 (départ de la chronologie grecque) devinrent la grande fête panhellénique. Les premiers temples, souvent sur les acropoles ou dans les palais, apparurent dès le –IXe siècle.

     

    Les colonies

    Selon Encyclopédie des grandes civilisations

    La « Grèce d’Asie » fut fondée (-XIe siècle) par des colons fuyant l’invasion dorienne.

     

    Fermiers, pêcheurs et artisans devaient lutter pour vivre : on manquait de nourriture et de terre. Nombre de Grecs émigrèrent alors, par choix ou par nécessité. Ils fondèrent des colonies sur la côte occidentale de l’Asie mineure, puis le long de la mer Noire, et en Méditerranée occidentale.

    Selon NP

    Pendant l’époque archaïque (-750 à -500) de grands bouleversements ainsi préparés modifièrent profondément l’aspect du monde grec.

     

    L’expansion dans toute la Méditerranée, les luttes intestines, l’apparition de l’économie mercantile et la naissance d’une bourgeoisie, la crise sociale, l’avènement des tyrans et des législateurs caractérisent cette période.

     

    La « Grèce d’Asie » fut fondée (-XIe siècle) par des colons fuyant l’invasion dorienne, mais les grands mouvements de colonisation archaïques eurent des causes différentes. Notamment la surpopulation, l’émiettement des lots agricoles et la spoliation des terres par l’aristocratie. Fils cadets, marginaux poussés par la famine, victime des crises sociales et des luttes politiques, souvent des clans entiers, chassés ou fuyant l’asservissement, fondèrent vers le milieu du –VIIIe siècle les premières colonies agricoles à l’ouest (voir Grande Grèce, Sicile). La reprise du commerce grec à la même époque, puis le développement des échanges avec l’invention de la monnaie vers -680 donnèrent une grande impulsion à la colonisation commerciale durant les deux siècles suivants.

     

    Après Corinthe, Chalcis et Erétrie, les cités d’Ionie établirent de nouveaux comptoirs sur les routes maritimes du blé, des esclaves et des métaux. Ainsi, Milet fonda plus de 80 colonies en Thrace, dans l’Hellespont, la Propontide et le Pont-Euxin, ainsi que Naucratis sur le delta du Nil ; Phocée créa des centres en florissants en Italie, sur les côtes septentrionales d’Asie Mineure, dans la Sardaigne, sur la côte méridionale de la Gaule (Marseille) et de l’Espagne. Cyrène fut fondée par des colons de Théra. Mégare fonda Byzance, Chalcis colonisa la Chalcidique et Athènes la Chersonèse. Etats indépendants qui conservaient des liens religieux avec les cités mères (métropoles), les colonies rivalisèrent parfois avec celle-ci et établir à leur tour de nouveaux comptoirs (voir Syracuse, Sinope). Ainsi, la Méditerranée devint « mer grecque ». Les conséquences en furent d’abord économiques et sociales, ensuite politiques. Possédant la richesse mobilière, la classe des fabricants et des marchands, jusqu’alors méprisée, revendiqua alors un rôle politiques analogue à son importance économique. En outre, la rapacité des aristocrates aggravait la crise agraire permanente ; les cultivateurs, jetés dans la misère et souvent spoliés de leur terre par l’endettement, se révoltaient.

     

    L’Hexapole dorienne

    L’Ile de Rhodes, la plus importante du Dodécanèse, habité « par des Crétois puis par des Achéens » (à vérifier), Rhodes participa à la civilisation Egéenne. Les Doriens conquirent l’île vers -1100 et fondèrent Lindos, Camiros et Ialisos qui formèrent avec Kos, Cnide et Halicarnasse l’Hexapole dorienne. De nombreuses colonies furent créée dans la Méditerranée, les rhodiens étaient d’excellent commerçants et navigateurs (exemple de colonie : Gela). Gouverné au –VIe siècle par des tyrans, dont le plus célèbre est celui de Lindos, Cléobule, l’île fût soumise aux Perses, puis participa à la confédération maritime d’Athènes entre -471 et -411.

     

    L’âge des tyrans et –VIIe –VIe

    Dès le début du –VIIe siècle, et durant tout le –VIe, des mouvements populaires dans toute la Grèce portèrent au pouvoir des « tyrans », souvent chefs de guerre, appuyés par la bourgeoisie, qui répondaient à la tension sociale par l’abolition des dettes et par des réformes plus ou moins efficaces. Ainsi, l’âge des tyrans fut une période de prospérité d’éclat culturel pour plusieurs cités dont Argos, Corinthe, Athènes, Sicyone, Mégare, Samos, Lesbos, Milet, Syracuse. Plusieurs tyrans furent de grands constructeurs et des mécènes ; ils réunirent à leur cour les savants et les poètes. Périandre de Corinthe et Pittacos de Lesbos furent admis parmi les Sept Sages. Pisistrate et ses fils contribuèrent à la splendeur d’Athènes et à la sauvegarde des épopées homériques. Quelques tyrans toutefois s’érigèrent en dynastie héréditaires (Cypsélides, Pisistratides, etc.) et eurent recours à la répression sanglante, d’où le sens péjoratif du mot « tyrannie », en grec comme en français. A Athènes notamment, les législateurs alternant avec les tyrans (voir Dracon, Solon, Clisthène) substituèrent les premières lois écrites de l’Etat à la justice coutumière dont l’aristocratie se faisait l’arbitre.

    Pendant qu’Athènes évoluait ainsi vers la démocratie, Sparte, figée dans son immobilisme, puisait sa force dans le travail des vaincus (hilotes, périèques) et la discipline des « égaux ».

     

     

     

    Chronologie

    +/- 1150

    Chute de Mycènes. Début des « siècles noirs ». Plus de construction de palais ou de beau travail du métal.

     

    +/- 1000

    Les Grecs colonisent la côte occidentale de l’Asie mineure.

     

    Au cours des VIIème et VIème siècles, de nombreuses cités sont dirigés par des tyrans. Ces nouveaux souverains sont les favoris des hoplites.

     

    -VIIIe siècle (-700)

    Les poèmes homériques atteignent leur forme définitive. Introduction de l’écriture. Création des jeux olympiques. Les cités d’Asie Mineure, développant une activité industrielle et commerciale, se lancent sur les mers, suivies par les cités de Grèce.

     

    Invention de l’ordre de bataille en « phalange », une formation de fantassin lourdement armés appelés « hoplites ». Grâce à la puissance qu’ils acquièrent, ces militaires mettent fin à plus d’un gouvernement aristocratique.

    -VIIe siècle (-600)

    La fin de la royauté et la naissance des mathématiques avec Thalès de Milet (-625 à -546).

     

    Les Grecs introduisent l’usage de la monnaie, appelée drachme, une invention due aux lydiens d’Asie mineure. L’illustration ci-contre représente

     

    un drachme athénien datant du -Ve siècle et représentant une chouette, le symbole d’Athènes.

     

    Conception du sanctuaire de Delphes vers le –VIIe.

    Début du - VIe siècle

    La poétesse Sappho, originaire de Lesbos, écrit des œuvres encore appréciés aujourd’hui.

    -VIe siècle (-500)

    Naissance de la philosophie. Pythagore fonde son école. Les Grecs tracent leurs premières cartes géographiques. Ils s’adonnent à une réflexion intelligente sur l’astronomie, la physique et les dieux.

     

    L’expansion maritime et coloniale de Corinthe, ainsi que Chalcis et Egine, qui démarra au –VIIIe siècle est peu à peu concurrencée et dépassée par Athènes à partir du VIe siècle.

     

    Cependant, dans le Péloponnèse, Sparte assure son hégémonie après les difficiles guerres de Messénie et sa victoire sur Argos.

     

    Sur le plan médical, le -VIème siècle voit apparaître de nouveaux médecins, les asclépiades, disciples d’Asclépios

     

    Début du -Vème siècle.

    La révolte de l’Ionie contre Darius Ier est à l’origine des guerres médiques. Athènes soutient les grecs d’Asie mineure dans leurs vains efforts pour se libérer du joug perse.

     

    -498

     Aide Athénienne aux cités grecques d’Ionie.

     

    -490

    La confédération de Délos fut victorieuse à Marathon (-490) contre Darius Ier et Salamine, sur mer, (-480) contre Xersès Ier, grâce à l’effort de fortification et d’équipement naval entrepris par Thémistocle.

     

    Pour se venger, les Perses attaquent Athènes mais sont vaincus à Marathon.

     

    -480 / -479

    Après de nouvelles victoires à Platée et Mycale (-479), Athènes, par les alliances solides qu’elle assure au sein de la ligue de Délos, devient la première puissance de la Méditerranée orientale et développe une politique impérialiste fondée sur une hégémonie maritime qui imposa son protectorat à ses alliés.

     

    Une puissante armée perse tente d’envahir la Grèce. Elle est défaite : sur mer à Salamine et sur terre à Platée.

     

    La mer Egée et l’Attique furent ainsi soumises et colonisés au sein de la confédération de Délos, souvent par la force et durent payer un lourd tribut. C’est en -479 que débute le Siècle d’or.


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